Les croyances, nos maisons intérieures

Ces croyances d’enfances qui nous ont protégés …Et qui parfois nous contraignent aujourd’hui. Comme une maison devenue trop étroite.

🎙️ L’Inconscient ordinaire
Un podcast et des textes pour mettre des mots sur ce qui nous organise, nous protège… et parfois nous retient. https://open.spotify.com/episode/0bQJCqYOyb1MRNsNYTllLh?si=52_8RBh8Stq4n-6RI5YOvQ

On peut se croire libre tout en restant organisé par des croyances d’enfance.

Les croyances sont comme des maisons : on y entre très tôt, parfois avant même de savoir parler. Elles offrent un toit, des murs, un sentiment provisoire d’être à l’abri. On ne les choisit pas vraiment : on y entre parce qu’il le faut.

Il y a ce petit enfant qui perçoit des silences, des tensions, des absences. Il ne sait pas les nommer, mais son corps les enregistre. Sans le savoir, il construit quelque chose à l’intérieur.

Il se dit , sans mots , que s’il est sage, s’il ne demande rien, s’il ne prend pas trop de place, quelque chose tiendra.

Cette croyance ne se formule pas. Elle s’inscrit dans le corps, dans la façon de se taire, d’attendre, de s’ajuster. Elle protège. Et parce qu’elle protège, elle reste.

Plus tard, la maison est toujours là. Le petit enfant est devenu adulte. Il a oublié quand il y est entré. Il sait seulement qu’il s’y sent à la fois en sécurité et à l’étroit.

Certaines croyances restent liées à la jouissance — cette forme de satisfaction paradoxale, parfois douloureuse. On peut souffrir d’une croyance (« je ne mérite pas le bonheur »), tout en y étant attaché, parce qu’elle organise notre rapport à l’autre et à son désir.

La remettre en question peut provoquer de l’angoisse. La psychanalyse ne cherche pas à supprimer les croyances, mais à permettre au sujet d’en reconnaître la fonction, l’origine et le coût.

Revenir sur une croyance, c’est parfois comme toucher un mur porteur. On ne sait pas ce qui tiendra si on le fragilise. Alors on préfère rester, même à l’étroit.

Le petit enfant, lui, n’est jamais très loin. Il veille encore. Il croit toujours que si la maison tient, tout ira bien.

En analyse, on n’entre pas avec une masse. On entre doucement. On observe comment la maison a été construite, à quel moment, pour résister à quoi.

Quand une croyance peut être racontée, elle change déjà de statut. Elle n’est plus une loi silencieuse. Elle devient une histoire. La maison ne disparaît pas, mais elle cesse d’être la seule possible.

Certaines croyances ne tombent jamais complètement. Elles se déplacent. Elles perdent leur pouvoir d’organisation total. On peut sortir, puis revenir, autrement.

Peut-être que croire n’est pas ce qui fait souffrir.
Peut-être que la souffrance commence lorsque l’on continue d’habiter une maison devenue trop petite pour la vie qui cherche à circuler.

Y a-t-il une croyance qui vous a protégé longtemps, mais qui aujourd’hui vous laisse un peu moins de place pour respirer ?