Quand la fin du séjour commence dès le premier jour

L’anticipation de la fin est un motif fréquent en consultation. Elle prend des formes concrètes : compter les jours dès l’arrivée, surveiller un bonheur au lieu de l’habiter, assister de côté à ce qui a lieu. Ce texte propose un éclairage analytique sur ce que l’anticipation prend au présent.

L'ombre sur une plage métaphore de celle qui plane sur le retour

Le premier soir des vacances, on devrait être là.

Et une pensée s’invite : dans dix jours, ce sera fini.

Posé, arrivé, disponible.

Et une pensée s’invite : dans dix jours, ce sera fini.

Le séjour commence, et sa fin est déjà dans la pièce.

Chaque belle journée porte une note en bas de page : il en reste de moins en moins.

On compte les jours avant même d’avoir défait la valise.

D’habitude, l’ombre suit ce qui avance.

Celle-ci fait l’inverse.

Cette ombre vient de devant. Elle tombe du dernier jour sur le premier.

On croit se protéger en anticipant.

Se préparer à la fin pour moins la sentir venir.

Mais anticiper la fin, c’est la faire commencer tout de suite.

Le présent se vide de lui-même.

On regarde la mer en pensant au lundi.

On dîne dehors en comptant les jours qui restent.

La vie a lieu, et on y assiste de côté.

On rentre reposé et vaguement frustré, avec le sentiment d’avoir regardé ses vacances par la vitre.

Se donner au présent expose à la perte de ce présent.

L’anticipation prend les devants.

Elle éteint la joie d’avance, pour s’épargner de la perdre plus tard.

C’est une économie coûteuse : on paie tout de suite ce qu’on redoutait de payer à la fin.

Ce mouvement se retrouve bien au-delà des vacances.

Il touche tout ce qui est bon et voué à finir.

Un début qu’on abîme par peur de la fin. Un bonheur qu’on surveille au lieu de l’habiter.

On voudrait tant en profiter qu’on se tient à distance de ce qu’on vit.

La fin a une date. Elle peut attendre ce jour-là.

Le retour se prépare en une soirée.

Le reste du temps peut rester au présent.

Le présent demande peu : qu’on y soit, pendant qu’il a lieu.

Rendre au retour sa date, c’est rendre au présent ses jours.

Un travail peut commencer là, dans mon cabinet du Marais ou en visio quand la distance le demande. Un premier entretien suffit à poser un mot sur ce que l’anticipation cherche à éviter, et à rendre au présent la place que la fin lui prenait. Vous pouvez prendre rendez-vous via psy-cabinet.fr.

Qu’est-ce qui s’est inscrit si tôt qu’un bonheur se surveille au lieu de s’habiter ?

Pourquoi la joie s’éteint-elle d’avance, au moment précis où elle commence ?

En consultation, cette ombre du retour revient souvent, bien au-delà des vacances. Un travail analytique permet de l’accueillir, de comprendre ce que l’anticipation cherche à éviter, et de retrouver le présent que la fin occupait d’avance.

Si vous vous reconnaissez dans ce texte et souhaitez en parler, je vous reçois en cabinet à Paris ou en consultation vidéo. Vous pouvez me contacter pour un premier entretien.