Une peine sans verdict.

À ceux qui n’ont jamais eu le droit de ne rien faire.

Il arrive que le repos cesse d’être un abandon pour devenir une échéance à honorer, un temps qu’il faut justifier après coup. Ce texte explore cette dette silencieuse qui transforme l’inactivité en sentence à purger.

Une personne dans un lit les yeux ouverts qui ne semble pas éprouver du plaisir

Derrière le repos empêché se cache une dette ancienne, jamais nommée. Tant qu’il faut la payer, le repos cesse d’être un abandon pour devenir une peine.

Un samedi sans rien de prévu.
Les heures s’écoulent, comptées plutôt que vécues.
Le dimanche soir, un soulagement.
Le soulagement d’un terme.

La culpabilité de se reposer, une peine qu’on exécute

On dit : j’ai tenu le week-end sans rien faire, comme prévu.
On dit : il fallait que je récupère, alors j’ai récupéré.
Ces phrases disent une obéissance à un horaire.
Le repos y prend la forme d’une peine qu’on exécute.

Le repos qui apaise échappe au décompte des heures.
Il ignore le programme et la date de libération.

Le corps s’épuise avant que les mots n’avouent la sentence.

Personne, pourtant, n’a jamais rien réclamé.

Depuis quand doit-on purger une peine pour ne rien faire ?

Pourquoi le repos prend-il pour le sujet la forme d’une peine à purger ?

Quelle faute ancienne le sujet croit-il expier chaque fois qu’il s’arrête enfin ?

En consultation, ce repos vécu comme une peine revient souvent, sous des formes discrètes : une fatigue que les week-ends laissent intacte, un soulagement le dimanche soir, une inquiétude dès que l’agenda se vide. Un travail analytique permet d’entendre ce que ce tribunal intérieur réclame, de comprendre au nom de qui il juge, et de retrouver un repos qui se passe de verdict.

Le repos vécu comme une peine se rejoue au travail comme dans la vie intime. Ces pages prolongent la réflexion : le burn-out et la souffrance au travail, mieux se comprendre.

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Quand l’envie de tout plaquer recouvre un épuisement installé depuis longtemps, ces pages prolongent la réflexion : le burn-out et la souffrance au travail, l’anxiété et l’angoisse.

Si vous vous reconnaissez dans ce texte et souhaitez en parler, je vous reçois en cabinet à Paris ou en consultation visio. Vous pouvez me contacter pour un premier entretien.

Freud, S. (1924). « Le problème économique du masochisme ». Névrose, psychose et perversion. Paris : PUF, 1973.

Winnicott, D. W. (1958). « La capacité d’être seul ». De la pédiatrie à la psychanalyse. Paris : Payot, 1969.